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UN BRITANIQUE A GREZ SUR LOING.

   Ce portrait nous plonge au temps où Grez sur Loing était la terre d'acceuil de peintres d'horizons diverses en quéte de liberté de création...

Saississant, poignant, émouvant portait de toute une vie: celle de La Mère Moreau, Bonne à Gretz-sur-Loing, le village médiéval fleuri du Val de Loing, à la fin du 19ème siècle.

Un beau visage d'une personne droite, à qui la vie n'a fait aucun cadeau, mais qui ne se plaint pas. Ces larges mains, probablement la chose la plus précieuse qu'elle possède, ses outils de travail. Un visage marqué de travail, tendre néanmoins.

L' auteur de cet étonnant portait, mature, moderne pour son époque était un jeune homme qui avait à peine 20 ans à l'époque:

Walter Montague ULLMANN, peintre prodigue, surdoué. Sa vie reste mystérieuse: britanique, l'artiste est né en 1861, à Londres (?).  Il s'installe à Gretz sur Loing, en Seine-et-Marne - pourquoi ? Nous ne le savons pas.

Son oeuvre Jour d'Automne fait fureur au Salon de 1882. Le jeune artiste destiné à une brillante carrière ... mourra cette même année, à l'age de 21ans. (Bénézit).

 Une ancienne étiquette (d'exposition?) en bas à gauche. Signature et légende de la main d'artiste: La Mère Moreau par W M Ullmann Nov 1881 Gretz sur Loing . Ancienne inscription en anglais sur le chassis.

 

 

Walter Montague ULLMANN.

HST 61cmx51cm.

Encadrement: 57x 68cm.

Walter Montague ULLMANN.

Walter Montague ULLMANN.

 

 

ULLMANN Walter Montague 1861 - 1882
Ce jeune peintre danois naturalisé anglais était de santé fragile et mourut à l'âge de 20 ans à l'Hôtel Chevillon dans les bras de Franck O'Meara et Arthur Héseltine qui déclarent son décès et signent comme témoins. Il interrompit la réalisation de cette ouvre inachevée, la veille de sa mort, comme le précise une note manuscrite d'Arthur Héseltine au dos du tableau. La cérémonie religieuse de culte protestant eut lieu dans la cour de l'Hôtel Chevillon.

L'enfant à la commode
Epoque 1882
Matière Huile sur Bois

 

 

GREZ HIER, GREZ AUJOURD'HUI

Si le site de Grez fut habité dès les temps préhistoriques, le village tint un rôle important dans l'histoire locale au Moyen Age, comme en témoignent les trois monuments datant de cette époque.

Situé entre la voie fluviale du Loing et la voie royale (actuelle RN7) à proximité des bois, des carrières et des champs, Grez bénéficiait d'une position provilégiée.

Quelques siècles plus tard, Grez-sur-Loing fut, à partir de 1860, le théâtre d'une intense activité artistique à l'instar d'autres villages d'Ile-de-France.
Le nom de Grez est mieux connu des amateurs de peinture de plein air du XIXème siècle dans des pays aussi divers que les pays Scandinaves, le Grande-Bretagne, le Japon ou les Etats-Unis.  En effet, à cette époque, les jeunes artistes venaient du monde entier étudier dans les ateliers parisiens  auprès des maîtres de l'époque, ceux-là mêmes qui firent de cette époque l'âge d'or de la peinture française. Dès les beaux jours, ils désertaient la capitale afin de peindre sur le motif. En quête de lumière, ils s'essayaient à la peinture de plein air et nombreux furent ceux qui, pendant un demi siècle, choisirent Grez. C'est ainsi que se créèrent des colonies artistiques américaines, britaniques, japonaises et scandinaves, leurs homologues français ayant bien souvent préféré les villages voisins.

C'est ainsi que Grez devint un lieu de séjour prisé de ces artistes désargentés, attirés par la proximité du chemin de fer. Ils étaient chaleureusement accueillis dans les deux auberges situées au bord du Loing :

l'hôtel Beauséjour, devenu par la suite Pension Laurent et l'hôtel Chevillon, au pied du vieux pont, aujourd'hui siège d'une fondation suédoise, la Fondation Chevillon.

"Ce vieux pont, accroché sur les cimaises du monde entier..."

Ainsi s'exprimait Robert Louis Stevenson, l'auteur de l'Ile au Trésor, venu rejoindre son cousin le peintre écossais R.A.Stevenson. Il séjourna à Grez à plusieurs reprises à partir de 1875. Il y rencontra sa future épouse, l'artiste californienne Fanny Osbourne.
"Ce vieux pont" fut effectivement - et demeure - le thème de nombreuses oeuvres.
Outre ces monuments anciens, ce qui semble-t-il, séduisait avant tout ces artistes, c'est la lumière exceptionnelle rendue par la présence simultanée de l'eau et de la forêt toute proche. Le mot d'ordre courait d'atelier en atelier "venez à Grez, venez à Grez".
L'un des premiers à découvrir ce site fut Jean-Baptiste Corot, dont le "Pont de Grez" date de 1860.

 

L'histoire de notre village a fait l'objet de recherches approfondies de la part de Fernande Sadler venue à Paris poursuivre ses études artistiques et qui comme bien d'autres, tomba sous le charme du village. Artiste peintre, écrivain et archéologue, ses travaux ont fait l'objet de nombreuses publications.
Ces travaux ont été poursuivis ces dernières années par Henri Corbeille, malheureusement décédé en 2004.

Nous lui devons également la création du musée de Grez. Elle avait en effet demandé à ses amis peintres, de donner des oeuvres pour décorer les murs de la mairie. Elle fut également Maire de Grez de 1945 à 1947.

 

Grez en Gâtinais, quelques notes historiques

- Lorsqu'on accède à Grez par la route venant de Moncourt, on embrasse d'un même regard les trois monuments anciens de Grez datant de la période médiévale. D'abord le Vieux Pont de pierre qui enjambe le Loing, puis sur la gauche, les ruines de
la tour de Ganne et l'Eglise, lieux que vous découvrirez lors d'une promenade - découverte qui vous est proposée dans ce livret.

- Si le village est d'une taille modeste en nombre d'habitants - 1286 au dernier recensement, il s'étend sur 1297 hectares et a une longue histoire puisque le site était déjà occupé aux temps préhistoriques.
Les grandes migrations des troupeaux de rennes entre la Dordogne et la Scandinavie, passent alors par Grez.

La présence gallo-romaine

- Sur la rive gauche du Loing, le site d'une ville gallo-romaine importante avait été mis à jour : plan rectangulaire avec abside orientale semi-circulaire, conduits de chauffage au sol par hypocauste, l'ensemble étant tout à fait identifiable comme appartenant à une importante exploitation agricole.
Ce site a malheureusement été recouvert depuis.
Par ailleurs, des sarcophages gallo-romains ont été découverts en 1885 dans le sol de l'ancien cloître devenu cour d'école.

Le village médiéval

- Le village de Grez occupait au Moyen-Age, une place importante entre la route signalée par les bornes royales à fleur de lys toutes les lieues et la rivière du Loing, voies par lesquelles transitaient les marchandises à destination de Paris : bois, pierres de Grez, céréales, etc.

 


- Du village médiéval, outre les trois monuments
dont l'Eglise et les ruines de la Tour de Ganne, classés monuments historiques en 1887, il ne subsiste aujourd'hui que les caves du centre du bourg, caves voûtées aux escaliers de pierre dont certaines très remarquable.

 

 

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