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L'histoire du bol de soupe de
vermicelles.
Dans notre vie moderne, n'oublions
pas qu'il existe toujours de la compassion .Cette histoire est véridique, nous
l'appelons
"L'histoire du bol de soupe de
vermicelles".
L'histoire se passe il y a 50 ans le
31 décembre, le dernier jour de l'année, au restaurant de vermicelles Bac Hai
Dinh, rue Trat Hoàng, au Japon.
Lors du réveillon japonais, on a
coutume de manger de la soupe de vermicelles, le travail du restaurant est très
prospère. D'ordinaire au crépuscule, les ruelles sont toujours bondées mais pour
ce dernier jour de l'an, les gens rentrent plus tôt pour pouvoir réveillonner.
C'est pour cela qu'en peu de temps, les rues se vident.
Le patron de Bac Hai Dinh est un
personnage honnête, tandis que la patronne est avenante, accueillant les clients
comme sa propre famille. L'heure du réveillon approche, la patronne compte
fermer boutique, c'est à ce moment que la porte s'ouvre tout doucement, une
femme de la quarantaine entre avec ses deux garçons de 6 et 10 ans. Ils portent
les mêmes survêtements de sport alors que la maman a sur elle un pardessus
démodé.
-Veuillez vous
asseoir!
En entendant l'invitation, la jeune
femme, hésitante dit:
-Pouvez-vous...me donner... un bol
de soupe de vermicelles?
Derrière la jeune dame, les deux
enfants attendent avec anxiété.
-Evidemment…évidemment que c'est
possible, veuillez vous asseoir par là.
La patronne les installe à la table
numéro 2, puis se tourne vers la cuisine et crie:
-Un bol de soupe de
vermicelles.
La mère et les 2 enfants mangent
le bol de soupe de vermicelles avec délectation tout en murmurant "C'est trop
bon" dit le grand.
-Maman, Maman, goûte, dit le petit
tout en prenant les vermicelles avec ses baguettes pour les mettre dans la
bouche de sa mère.
Après avoir mangé, la jeune dame
paie cent cinquante yen. Et aux trois de dire:"C'est trop bon, merci" puis
saluent de la tête et quittent le restaurant.
-Merci, Messieurs, dames. Bonne
année, disent en chœur les patrons.
Le travail quotidien est prenant,
ainsi passe une année. Arrive le 31 Décembre, réveillon pour la nouvelle année.
Le travail de Bac Hai Dinh est toujours prospère. En comparaison avec l’année
d’avant, cette année parait plus fournie. Vingt deux heures passées, la patronne
compte fermer lorsque la porte s’ouvre tout doucement. Entrent dans la boutique
une dame accompagnée de ses deux enfants. La patronne, voyant le pardessus
démodé se rappelle d’emblée la dernière cliente de l’année
d’avant.
-Pouvez-vous...me donner... un bol
de soupe de vermicelles?
-Evidemment…évidemment, veuillez
vous asseoir !
La patronne les replace à la table
numéro 2, comme l’année dernière, tout en criant la commande à la
cuisine :
-Un bol de soupe de
vermicelles.
Le patron entendant cela, met
rapidement du bois au four et répond :
-Oui, un bol de soupe de
vermicelles !
La patronne rentre dans la cuisine
et dit tout bas à son mari :
-Peut-on leur faire trois bols de
soupe de vermicelles ?
-Non ce n’est pas possible. Si nous
faisons cela, ils seront mécontents.
Disant cela mais il ajoute plus de
vermicelles dans sa marmite de bouillon, il sourit intérieurement, regarde sa
femme et pense : « L’aspect extérieur de ma femme est très austère
mais quand même elle n’est pas si mauvaise que
cela ! »
Il prépare un grand bol de soupe
parfumé et donne à sa femme pour le service. La maman et les 2 enfants
s’asseyent autour du bol, mangent tout en discutant. Ce qu’ils disent, tombent
dans les oreilles des patrons.
-ça sent trop
bon !
-Cette année, nous avons toujours la
chance de pouvoir manger la soupe chez Bac Hai Dinh.
-Ce sera extraordinaire de pouvoir
revenir manger l’année prochaine ici !
Après avoir mangé et payé cent
cinquante yens, la maman et les deux enfants quittent le restaurant Bac Hai
Dinh.
-Merci, Messieurs, dames. Bonne
année.
Regardant s’éloigner les trois
silhouettes, les patrons discutent un long moment.
Arrive une troisième fois le 31
décembre, le travail de Bac Hai Dinh est toujours excellent, les patrons sont
tellement occupés qu’ils n’ont même pas le temps de se parler. A 21 h30, tous
les deux ont un sentiment indescriptible. Ils offrent les étrennes à 22 heures à
leurs employés et leur donnent congé. Le patron s’empresse de décrocher le
panneau indiquant le prix 200 yens du bol de soupe de cette année et remplace
par le prix de 150 yens de l’année dernière. Sur la table numéro 2, trente
minutes avant, la patronne a mis un carton « Réservé ». A 22 heures
30 pile, la maman et les deux enfants apparaissent comme s’ils attendent le
départ de tous les clients pour oser rentrer. Le grand porte l’uniforme du
lycée, le petit porte les vêtements de son grand frère, un peu large, les deux
enfants ont bien grandi.
-Entrez, entrez, la patronne invite,
accueillante.
Voyant le visage souriant de la
patronne, la mère dit lentement :
-Pouvez-vous...me préparer... deux
bols de soupe de vermicelles?
-Bien sûr, asseyez-vous par
là !
La patronne les installe à la table
numéro 2, range rapidement le carton « Réservé », se tourne vers la
cuisine et crie fort :-Deux bol de soupe de
vermicelles.
-Oui deux bol de soupe de
vermicelles, tout de suite.
Tout en répondant, le patron met
trois portions de vermicelles dans sa marmite.
La maman et les deux enfants mangent
tout en conversant, très enthousiasmant. Dans la cuisine, les patrons ressentent
leur joie, ils sentent partager leur allégresse.
-Eh Tiêu Thuân et ton grand frère,
aujourd’hui Maman veut vous remercier !
-Nous remercier ? pour quelle
raison ?
-Votre papa a été à l’origine d’un
accident de la voie publique impliquant huit blessés, l’assurance n’a pris en
charge qu’une partie, nous devons supporter l’autre part, c’est pour cela que
nous devons mensuellement rembourser 50.000 yens.
-Cette histoire, nous la connaissons
répond le plus grand.
La patronne, à l'intérieur, ne
bouge pas pour mieux écouter.
-Logiquement nous devrons de
l'argent jusqu'au mois de Mars de l'année prochaine mais j'ai fini de tout payer
cette année.
-C’est la
vérité ?
-Oui, c’est la vérité. Parce que ton
grand frère a pris la responsabilité de livrer les journaux et que toi Tiêu
thuân m’aide à aller au marché et faire le ménage ce qui me laisse le temps de
travailler correctement, mon entreprise m’a offert le 13è mois ; ainsi j’ai
pu tout rembourser.
-Oh Maman, grand frère, c’est trop
bien, mais laisse moi t’aider à m’occuper à faire cuire le riz. S’il te
plaît.
-Moi, je continue de livrer les
journaux. Tiêu thuân, nous devons continuer nos
efforts !
- Je vous remercie tous les
deux !
-Nous avons un secret que nous ne
t’avons pas encore dit. Un dimanche du mois de Novembre, l’école de Tiêu thuân
envoie une lettre aux parents d’élèves pour une réunion. Les professeurs de Tiêu
thuân ont envoyé une lettre spéciale indiquant que sa dissertation a été choisie
pour représenter l’île de Bac Hai
pour un concours national de littérature. J’ai été informé par les amis de Tiêu
thuân, j’y suis allé à ta place.
-Est cela vrai ? Et
alors ?
-Les professeurs ont donné comme
sujet : »Quels sont tes objectifs et espoir ? ». Tiêu thuân
a pris comme sujet le bol de soupe de vermicelles pour son devoir qui a été lu
devant ses camarades. Sa dissertation a été écrite comme suit : « Mon
père, ayant eu un accident, est décédé tout en nous laissant un grand fardeau.
Pour répondre à cette responsabilité, ma mère se lève tôt et se couche tard pour
travailler ». Même mon travail de livreur de journaux, mon petit frère l’a
mis dans son devoir. Et encore : »La nuit du 31 décembre, nous avons
pu manger un très bon bol de soupe de vermicelles. Nous trois, n’avons appelé
qu’un seul bol de soupe, les deux patrons nous remercient quand même et nous
souhaitent en plus une bonne année. Ce souhait nous a donné du courage pour nous
battre, notre fardeau devenant plus léger ».
C’est pour cela que Tiêu thuân écrit
que son espoir est d’ouvrir un restaurant de soupes, devenir le plus grand
patron de restaurant de soupe du Japon et il dirait aussi à ses clients des
phrases comme : »Courage !Beaucoup de
bonheur !Merci !
Les patrons, dans la cuisine,
laissent couler librement leurs larmes en écouter parler la maman et les deux
enfants.
La dissertation lue, le professeur
dit : »Le grand frère de Tiêu thuân est venu à la place de sa mère. Tu
peux venir nous donner ton avis ».
-Est cela vrai ? Et qu’as-tu
dit ?
-J’ai été pris de court, je ne sais
quoi dire. J’ai dit : « Je vous remercie pour vos bons soins
concernant les études de Tiêu thuân ; tous les jours, Tiêu thuân doit faire
le marché, préparer le repas, c’est pour cela qu’il participe toujours avec hâte
aux travaux de l’école afin de pouvoir rentrer aider à la maison ce qui
occasionne probablement de gêne pour ses camarades. Quand mon petit frère lit sa
dissertation, je me sens honteux mais c’est une honte sincère. Depuis quelques
années, Maman, tu n’as commandé qu’un seul bol de soupe, c’est tout un courage.
Nous n’oublions jamais…Nous nous sommes promis de redoubler d’effort, d’être
plus attentionnés à ton égard. En fin de discours, j’ai demandé aux professeurs
d’être à l’écoute et d’aider mon petit frère ».
La Maman et les deux enfants se
congratulent, s’encouragent et mangent joyeusement la soupe de vermicelles pour
accueillir la nouvelle année puis payent 300 yens, remercient les patrons,
saluent et partent. Accompagnant du regard la Maman et les deux enfants, les
patrons disent :
-Merci ! Bonne
année !
Puis une année
s’écoule.
Bac Hai Dinh vers 21 heures, la
table numéro deux avec son carton de réservation, mais la Maman et ses deux
enfants n’apparaissent pas.
Puis la deuxième et la troisième
année, la table numéro deux n’a toujours pas d’occupants. Les trois clients ne
sont toujours pas là. Le travail de Bac Hai Dinh est comme toutes les autres
années, le mobilier du restaurant est changé mais la table numéro deux est telle
quelle.
-« Que signifie cette
table ? » se demandent
plusieurs clients curieux. Les patrons racontent alors à brûle pourpoint
l’histoire du bol de soupe de vermicelles. Cette vieille table est mise au
milieu comme un espoir de voir revenir un jour les trois clients, cette table
sera utilisée pour les accueillir. Cette vieille table numéro deux devient la
table du bonheur, tout le monde désire s’asseoir à cette
table.
Puis plusieurs 31 décembre passent
.
Puis un autre 31 décembre arrive.
Les patrons des magasins aux alentours de Bac Hai Dinh, après la fermeture de
leurs boutiques, viennent manger la
soupe avec leurs proches à Bac Hai Dinh. Ils mangent tout en attendant les douze
coups de minuit. Puis tout le monde pense à saluer les génies tutélaires, ceci
est une habitude depuis cinq ou six ans. 21 heures 30 passée, en premier les
patrons poissonniers amènent des poissons vivants. Puis les autres amènent soit
du vin, des victuailles, en un clin d’œil il y a trente à quarante personnes.
Tout le monde est content. Tout le monde connaît l’histoire de la table numéro
deux. Personne ne dit mais tout le monde attend le passage de la nouvelle année.
Certains mangent la soupe, d’autres boivent du vin, d’autres encore préparent
les mets…Tout le monde mange, parle, passe du coq à l’âne jusqu’à cet autre
foyer qui vient d’avoir un gamin. Toute histoire devient sujet à rire et
sourire. Ici, tout le monde se considère comme faisant partie de la même
famille.
Arrive 22 heures 30, d’un seul
coup, la porte du restaurant s’ouvre tout doucement, les convives du restaurant
retiennent leur souffle et dirigent leur regard vers la porte. Deux jeunes gens
en veston, bras portant le pardessus rentrent, les convives poussent un soupir
de soulagement et l’ambiance bruyant reprend le dessus. La patronne compte
s’excuser car le restaurant n’a plus de place, c’est à ce moment là qu’une dame
, habillée à la mode rentre et se met entre les deux jeunes
gens.
Les convives ont presque le
souffle coupé lorsque la dame dit doucement :
-Pouvez-vous…pouvez-vous nous donner
trois bols de soupe de vermicelles?
Le visage de la patronne change de
couleurs. Déjà des dizaines d’années, l’image de la jeune maman avec ses deux
enfants réapparaissent soudainement et maintenant ils sont devant
elle.
Le patron, derrière son fourneau,
perd le contrôle de lui-même, montre les trois clients en
bégayant :
-Vous êtes…vous
êtes…
Un des jeunes hommes
l’aide :
-Oui. Le dernier jour de l’année, il
y a quatorze ans, nous trois avons demandé un bol de soupe de vermicelles et
avec l’encouragement de ce bol de soupe, nous avons plus d’espoir pour survivre.
Puis nous étions partis vivre chez nos grands parents maternels à Tu Ha. Cette
année, j’ai réussi le concours de première année de Médecine ,
actuellement stagiaire à l’hôpital général de Trar Hoàng. Aujourd’hui je passe
en premier visiter l’hôpital, en chemin visiter le tombeau de mon père. Quant à
mon petit frère qui rêve de devenir le patron du plus grand restaurant de soupe
de vermicelles du Japon, il n’est devenu que l’employé de la banque Kinh Dô. En
dernier, nous espérons depuis longtemps pouvoir passer vous dire bonjour et
manger la soupe de vermicelles à Bac Hai Dinh.
Les patrons écoutent tout en
acquiesçant de la tête, les larmes mangeant le visage. Le marchand de légumes,
s’asseyant à côté de la porte d’entrée, la bouche pleine de vermicelles,
s’empresse de tout recracher, se lève et dit :
Eh, les patrons, comment ça ?
N’êtes-vous point préparés depuis plus de dix ans pour cette rencontre ?
Vite, accueillez les clients, plus vite !
La patronne, comme sortie de son
sommeil, frappe à l’épaule du marchand de légumes, sourit et
dit :
-Oh, c’est juste…rentrez!
rentrez ! Pour la table numéro deux, trois bols de soupe de
vermicelles.
Le patron, s’essuie rapidement les
larmes et répond :
-Tout de suite. Trois bols de soupe
de vermicelles.
En vérité, ce que donnent
les deux patrons ne sont pas grande chose, quelques portions de
vermicelles, quelques paroles sincères pour encourager, féliciter. Avec la société actuelle,
les gens sont plutôt froids, inhumains. Mais à partir de cette histoire, j’arrive
à cette conclusion : nous ne devons pas subir notre environnement, il suffit
d’être un peu plus attentionné pour notre prochain pour pouvoir lui procurer déjà du
bonheur. Nous ne devons pas être égoïstes car en somme au fond de nous même,
nous sommes compassionnels. Ouvrons ce trésor et allumons ce feu même si ce
n’est qu’un feu faiblard, mais dans la froide nuit hivernale, ce feu peut
réchauffer quelques uns.
L’apparition de cette histoire
émeut les lecteurs japonais. Quelqu’un pense « En lisant cette histoire,
les larmes nous échappent des yeux ». C’est une remarque non dénuée de bon sens . En vérité, plusieurs
lecteurs pleurent après avoir lu à cause de cette attention sincère et de la
compassion émanant de
l’histoire.
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