|
http://thietkewebchophongtranh.blogspot.com/2007/01/hi-ha-vit-nam-nhc-nhi-nn-tranh-gi.html
LA LUMIERE VUE PAR BXP A TRAVERS SES
OEUVRES.
Georges DUMESNIL DE LA TOUR est un maitre inconstesté du
clair-obscur du 16 è siècle.Une bougie, à coté des personnages et la scène est
plantée pour des tableaux monumentaux.
BXP ne
montre jamais la source de lumière qui envahit la pièce et ses personnages;cette
source de lumière, à l'époque de BXP, ne peut étre que des ampoules de 60
watts ou des lampes de pétrole trop terre-terre pour des toiles qui se veulent
ancrer dans la postérité ou du moins remarquables. Il ne reste donc au
maitre que de la suggestion pour peindre un ciel orageux au dessus d'une
pagode, un ciel qui s'éclaircit après la pluie, une atmosphère avant l'aurore
sur la mer, une place devant la pagode inondée d'un soleil matinal,la lumième
des coulisses du chèo, cette fameuse lumière jaune-orangée de la lampe à pétrole
qui enveloppait son ami le collectioneur dans les abris souterrains ou les
zones d'ombre s'installant sur le corps d'un modèle nu...
Un numéro
d'équilibriste qu'il s'accomode avec bonheur;nul besoin de désigner la source de
lumière...Un système chromatique correspondant à son expérience et impression
personnelles suffisent pour guider le regard de celui qui admire la
toile...

PHÔ MUA.
Ville sous la
Pluie.
Une ville sous la pluie en Asie du Sud-Est.Quoi de
plus banale.Sous le pinceau de BXP, cela l'est moins.Pour donner de la
profondeur à son tableau, le maître "plante" un poteau électrique au beau milieu
et fait travailler notre imagination comme si celui-ci est le sommet d'un
triangle pointé vers celui qui contemple la toile;les ruelles à gauche se
présentent en 2è plan et la profondeur de la toile est facilement
suggérée par la ruelle tournée vers la gauche comme une échappée pour
l'oeil ou une invitation à emprunter cette voie ce que s'empresse de
faire le conducteur de vélo et sa passagère; elle semble étre infinie,
soulignée par la petite silhouette orangée du personnage féminin qui, avec
les maisons du fond, marque le troisième plan du tableau.La pluie
ruisselante sur les trottoirs et l'asphalte de ces petites ruelles, la
gamme chromatique utilisée pour décrire le ciel qui s'éclaircit soudainement est
une impression personnelle de BXP et est tout simplement époustoufflant, ne
sont là que pour ajouter de la magie à cette atmosphère déjà mystérieuse
...tout simplement MONUMENTAL!!!
CHAPUIS
Gérard.
PHÔ HÀNG BAC.
Rue HÀNG BAC.

CHÙA TRÂN QUÔC.
Nêú ai da tùng dat chân tói Hà Nôi,không thê không
môt lân tói tham Hô Tây vì dây là môt trong nhung canh dêp.Doc theo duòng Thanh
Niên, môt bên là Hô Trúc Bach, môt bên là Hô Tây; nàm canh Hô Tây, có môt ngôi
chuà cô nhât cua Viêtnam.Theo tuong trûyèn duoc xây dung vào thòi Vua Ly Nam
Dê,ngôi chuà nây duoc mang tên là chuà TRÂN QUÔC.
Qua bao nam tháng, ngôi chuà vân in hình trong
bóng nuóc Hô Tây nhu thê chúng kíên nhung thang trâm cua lich su Viêtnam.Hôi còn
nho, tôi là hoc sinh truòng Chu Van an, cua sô lôp hoc nhìn sang là chuà TRÂN
QUÔC.Ngày nào cung ngâm nhìn nhu thê môi thú, dep, sâu dêù là tu nhiên mà có,
không cân biêt tói ngûòn góc: dúng là tuôi tre môi dîèu dên và di thât dê
dàng...
Rôì nam tháng xa Hà Nôi, cuôc dòi vui ích bûòn
nhiêù, dáng cay nêm du, và, có thê là le tu nhiên cua con nguòi, khi tuôi da
chín, ngùoi ta thùong hay hoài niêm, tu ru mình bàng nhung quá khú, khi con nhìn
thây khung canh nào dó cung goi cho ta nôi nhó da dîét.Tình cò dot vê "cô huong"
lân này, tôi có duoc búc tranh chuà TRÂN QUÔC cua cô hoa sy Buì Xuân Phái do môt
ngùoi quen nhuong lai.Tôi thât su vui mùng môi ngày nhìn lên búc tranh; bóng
nuóc hô màu xanh lat,nhung ánh mây tráng lang dang bay, công chuà vân uy
nghiêm,ngon tháp rêu phong cô kính, lôí vào chuà hai bên co vân xanh dâm dà, cây
bàng sang dông da trúc hêt lá, xa xa làng Nghi Tâm Quang Bá, noi cung câp hoa,
cây canh cho Hà Nôi ngày têt, thât tho mông...tâm hôn tôi sông lai tuôi
tho...Úòc múôn gíông nhu ngày xua ây, ngôì bên cua sô lôp hoc, tâm mát ngâm nhìn
ngôi chuà mà giò này chi bíêt ngâm nhìn và nhó thuong qua búc tranh cua nguòi
hoa sy tài ba, quá cô...Vang vang có tíéng hát:
" Dù có di bôn phuong tròi, lòng vân nhó vê Hà
Nôi"...
A.D.
Pour celui qui a mis les pieds à Hà Nôi, il ne
peut ne pas avoir vu le lac de l'Ouest car ce lieu fait partie des paysages à
visiter.Courant le long de la rue Thanh niên, d'un côté, le lac Trúc Bach, de
l'autre, le lac de l'Ouest;à côté du lac de l'Ouest, se trouve une pagode la
plus ancienne du Vietnam.Selon les transcriptions, la pagode est construite sous
la dynastie de Ly Nam Dê et a comme nom "TRÂN QUÔC".
Des années passent, la pagode imprime toujours
sa silhouette dans l'eau du lac de l'Ouest comme si elle veut étre le
témoin des vicissitudes de l'histoire du Vietnam.Etant petite, je suis élève de
l'école Chu Van An, la fenétre de ma classe permet une vue vers la pagode TRÂN
QUÔC.et tous les jours je regarde comme si la grâce ou la laideur,
naturellement existent, sans cause ni origine:vraiment pour la jeunesse, les
choses arrivent et partent trop facilement...
Puis les années passent, loin de Hà Nôi, la vie
est plus triste que heureuse tout en traversant tous ses états, et, peut-étre,
est-ce c'est quelque chose de normal chez l'étre humain, lorsqu'on devient plus
mature, on se remémore, se berce avec son passé, et en voyant certains
paysages, les souvenirs deviennent plus lancinants.Lors de ce retour au pays,
fortuitement, j'ai pu acheter le tableau "La pagode TRÂN QUÔC" de Bui Xuân
Phái.Je suis vraiment enchantée chaque jour, à la vue de ce tableau;l'eau du
lac, toujours de couleur verdâtre, les nuages volent paresseusement, le portique
tout autant majestueux, sur le chemin menant vers la pagode les herbes sont
toujours verdoyants, l'arbre Bàng entrant dans l'hiver perdant son feuillage, au
loin le village Nghi Tâm Quang Bá, endroit où Hà Nôi se fournit en plantes et
fleurs pour le Têt, est réellement trop romantique...Mon âme revoit ma
jeunesse...en espérant retourner dans cette vie d'antan, m'asseoir à côté de la
fenétre, le regard porté vers la pagode que maintenant, je ne peux
admirer et me souvenir qu'à travers le tableau du talentueux peintre
décédé...Quelque part s'élève cette voix qui chante en moi:
"Méme en étant aux quatre coins du monde, mon âme se tourne
vers Hà Nôi".
Traducteur:CHAPUIS
Gérard.
La Pagode TRÂN QUÔC.
Une pagode balayée pour l'Eternité par les
brises du Lac...
On voit à travers ce tableau un souci
d'ordonnancement,une volonté de construction de la part de BÙI XUÂN PHÁI.Le
chemin tournant divise diagonalement le tableau dans sa partie basse avant de
disparaitre,les branches de l'arbre dépouillées de toute végétation faisant
le reste de cette partition dans la partie haute.N'obéissant pas à la technique
dite chinoise(terme consacré dans l'Art pictural pour signifier la profondeur de
la toile par rapport à une ligne d'horizon placée très haute),l'artiste choisit
un horizon, pleine de verdure, suspendu "entre ciel et terre" en plein
milieu du tableau:tout n'est ainsi qu' équilibre....Le Maitre pressent que
d'autres questions picturales se posent à lui:ainsi,l'arbre enraciné au
sol,donne une stabilité au paysage alors que la rivière définit
incontestablement une dynamique sereine.La solution trouvée ne le satisfait
pas.Il craint une formule trop facile;il faut dorénavant redonner à ce paysage
trop sage parceque trop maitrisé une énergie nouvelle;il faut alors demander à
la couleur de construire par elle méme la toile; à travers le GRIS tumultueux,orageux du
ciel incontrolable et menaçant plane la plénitude de ce lieu de prière:le
portique de la Pagode TRÂN QUÔC,placé au centre de la toile comme un principe du
YING et du YANG,tient captif notre regard et sépare le Réel de l'Intemporel
tout en permettant d'atteindre une dimension plus que spirituelle,un appel à
l'apaisement de l'Ame,le chemin étant la Voie,lien ténu permettant à
l'Initié de communier avec l'Au-delà...
La fin d'une ancienne route et l'ouverture de la
Voie nouvelle vers le détachement de soi...
N'est-ce pas là une
autre manière d'étre peintre impressionniste,tout en symbolisme avec plein de
réalisme?d'étre sur les pas du Maitre d'Aix???
CHAPUIS
Gérard.

DÊN VOI PHUC.
Pagode de l'Eléphant
agenouillé.
Phai,grâce à ses questionnements perpétuels sur
l'Art,"s'essaie" à l'impressionisme.Ce tableau,construit sur trois
plans,grand chef d'oeuvre en gestation ou du moins oeuvre de maturité, ici peint
probablement "sur le motif",est de couleur ocre dominante et son vert
feuillage supposent les premières heures chaudes du climat tropical avec un
soleil grandiose qui se lève dans toute sa splendeur;l'éléphant apparemment
domestiqué,agenouillé pour garder l'entrée de la pagode humanise l'endroit.Un
paysage à émouvoir et à ressusciter les plus fatigués.La quiétude du lieu sacré
et sa plénitude rappellent la tristesse des rues de Hà Nôi dont le peintre ne
prend pas possession en conquérant mais plutot en amoureux transi;il a
fait de Hà Nôi,nimbée d'une perfection paradisiaque l'un de ses deux
sujets de prédilection,avec quelque chose de chroniquement dramatique,l'autre
véritable centre de gravité de la création du peintre étant le Chèo,théatre
traditionnel vietnamien.Les couleurs vives de cette toile ne peuvent étre vues
qu'avec les yeux du coeur.
On croirait ainsi,que s'établit une
correspondance muette en écho ,empreinte de respect entre Phái et son
illustre ainé,Paul CEZANNE à quelque sept décennies d'écart.
''Je suis le primitif
d'un Art nouveau" ne croyait pas si bien dire CEZANNE en début du XXè
siècle;BXP s'est empressé de suivre le pas.
Ainsi,l'Impressionisme est un coin de la nature vu par un
tempérament,quelque soit la couleur de la peau.
CHAPUIS Gérard.

KY HOA CHÈO.
Croquis d'un Opéra
traditionnel.
L'étude d'un personnage en mouvement se traduit par
une succession de quatre personnages peints différemment et de mieux en
mieux ce qui donne une impression de profondeur;la dernière personne étant
la mieux "habillée" comme un modèle s'approchant du public lors d'un show de
prét-à-porter...(L'imagination place le photographe à droite du ponton lors de
ce défilé de mode venu tout droit des pensées secrètes de l'Artiste, le
manequin évoluant de gauche à droite et se pose timidement dans son costume
traditionnel vietnamien en bout de ponton avant de retourner dans le
pénombre des coulisses)ou,plus terre à terre,une comédienne en train de se
préparer pour une représentation devant un public somme tout populaire,un soir,
dans la cour d'une pagode de village;tout simplement un travail d'orfèvre ou de
vieux artiste rompu à du"GRAND
ART " .
CHAPUIS Gérard.

TRUÓC GIÒ BIÊU DIÊN
.
AVANT LA
REPRESENTATION.

TRUÓC GIÒ BIÊU DIÊN
.
AVANT LA
REPRESENTATION.
Toujours dans les coulisses
d'un théatre traditionnel vietnamien. Le fond "encre de chine" contraste
avec le personnage principal tout de jaune vétu.Celui-ci doit probablement
se trouver en face de l'unique source de lumière de la pièce pourque la couleur
de sa tunique soit aussi vive.Les épaules arrondies trahissent sa détente
ou mieux une complète relaxation et les yeux mi-clos donnent une impression
d'immersion en douceur dans son rôle ou de répétition mentale du texte à jouer
sous peu, en public.
Le personnage féminin tenant un miroir pour
maquillage nous renseigne sur un proche début de représentation et pour bien
insister sur sa disposition spatiale au second plan, l'artiste peintre ne se
géne pas pour dessiner sans vraiment trop insister sur ces traits de
visage.Les mains, couleur brune(contrairement à la main jaune-orangée du
1er personnage) nous confortent dans l'idée que ce personnage
est réellement plongé dans le pénombre des coulisses.
Et ce n'est plus qu'un jeu
d'enfants pour BXP que de suggérer qu'un personnage occupe
le 3è plan puisque les traits du visage ne sont pas du tout
dessinés.
Une autre manière de créer une impression de
profondeur totale sur une si petite surface...avec des couleurs joliment
choisies contraires aux habitudes de l'artiste peintre.
CHAPUIS Gérard.

TRUÓC GIÒ BIÊU DIÊN
.
AVANT LA
REPRESENTATION.

BÓNG TÔI HÂU
TRUÒNG.
LA PENOMBRE
DES COULISSES.
La scène se passe dans les coulisses;la toile
présente indubitablement une dualité entre ombre et lumière,est en fait partagée
en trois plans successifs:le premier personnage,haut en couleurs,à l'attitude
hautaine,les yeux fixés au loin,bien concentré comme si le beau rôle
est encore bien installé sur ses épaules largement carrées,semble encore imbibé
des feux de la rampe sur sa tunique bleue.Un personnage féminin se décoiffant
finit par nous renseigner sur une probable fin de représentation d'un opéra
traditionnel vietnamien et un retour à un quotidien des plus banaux.Les traits
du visage de ce personnage féminin,non dessinés volontairement le mettent au
second plan,séparé par un pan de mur rouge vif d'un troisième
personnage désoeuvré,adossé et immobile là,depuis peut-étre longtemps:l'impression de profondeur est totale
sur une si petite surface...Et si la vie n'est
qu'un jeu de role pictural et de
scène éphémère???
CHAPUIS Gérard.

VE DUÓI ÁNH DÈN DÂU.
(CHÂN DUNG NHÀ GIÁO NGUYÊN BÁ DAM.)
Trong môi con nguòi chúng ta,có nhung
cam súc khác nhau:có nguòi khi nhìn thây
cây lá thay màu,có nguòi khi nghe thây tíêng dông hoac mùi huong thom
khíên ho nhó lai môt manh dòi khô
nhoc hay là môt tuong lai huy hoàng tu chon nào dó;còn riêng
tôi,tôi lai có cam súc khi duoc nhìn
thây môt ánh sáng "hùyên bî"... Qua
búc tranh "Ông Dam" cua cô Hoa sy BÙI XUÂN PHÁI,dù chi là chân dung cua môt ông ban già ,tóc diêm
suong,màu aó xanh vân dâm dà qua nam tháng,vói câp mát kính xê xúông trên guong mat hìên hoà,
ánh dèn dâù màu vàng hát lên và bao trùm nhân vât... ...Khíên tôi nhó...Tôi nhó lai nhung nam tháng
chíên tranh khóc liêt o dâù thâp niên 70 tai mìên Bác nuóc Viêt Nam thân
thuong.Lúc dó còn nho,tôi miêt mài thuòng xuyên hoc bài duói hâm,mà ánh sáng là
dèn dâù,không du dâù, nên tao ra màu vàng le loi. Rôì thòi gian thay dôi,bánh xe lich su quay
tròn,chíên tranh cung qua di,không ai còn dùng dên thú dèn dâù thô so dó nua.Quá
khú da bi dây xa gân nhu dê quên su khác nghiêc cua tao hóa,cung nhu bao
nguòi vì cuôc sông, muu sinh và nhiêù le,nguòi ta tâm quên di Quá khú dó.
Dúng truóc búc chân dung nây, tôi ngâm
ngùi khi cam nhân ràng moi ky úc vê tuôi tho trao dôì kinh su , dù vui hay
bùôn,tuong da bi mât hoac ích nhiêù phai di theo dòng thòi gian,nhung ky úc dó
da tro vê rào rac trong lòng tôi... ...Không
nghò rang cung trong thòi gian dó,o môt dêm cua Hà Nôi tinh mich, có môt ông hoa
sy trong buôi thât thòi dang trao chúôt nhung gam màu thân thoai tao nên ánh
sáng ky diêu tuong chùng nhu dó là môt lòng me Viêt Nam âm cúng, bao la,vi tha,
ôm âp môi nguòi con cua mình,môt cách,môt kiêu,tùy kha nang,tùy trùong hôp mà tu
thang tiên. Phai chang ánh dèn dâù yêú
ót ây da dây công nhiêt tình giúp tôi hâp thu van hóa dê duoc bíêt rung dông và
yêu tranh ngày hôm nay!!! Phai chang
ánh dèn dâù yêú ót ây da giúp Ông ta tân tiu,tân tui dê lai cho hâu thê môt báu
vât vô gia nây??? Tuc nghu có câu:" Nhò dá
thô trao chúôc mà kim cuong chói sáng muôn ngàn hào quang";có le nhò ánh sáng
cua dèn dâù ây, mà tôi, dù tha huong, da duoc gap lai Quá khú cua tôi quá búc
tranh nây.
A.D.
Nous possédons tout un chacun des émotions
différentes, selon que nous voyons changer de couleurs les feuilles des arbres,
que nous entendons certains bruits ou sentons certains parfums ce qui nous
amène à remémorer notre vie de dur labeur ou inventer un avenir des plus
radieux; quant à moi, les émotions me submergent lorsque j'entrapperçois une
lumière "mystérieuse"...
A travers le tableau "Monsieur Dâm" du peintre
BÙI XUÂN PHÁI, méme si ce n'est que le portrait d'un vieil ami, les cheveux
blanchis par la rosée, le vert de sa chemise toujours bien imprégné malgré le
temps, avec les lunettes tombantes sur un visage compassionnel, la couleur
jaune de la lampe à huile se reflète et recouvre entièrement le
personnage...
...M'oblige à remémorer...A remémorer
de ces années de folle guerre en début des années 70 au Nord de notre
Vietnam bien-aimé. A cette époque là, en étant encore petite, je m'applique à
travailler mes cours dans des cachettes sous-terraines, alors que la lumière
provient de la lampe à huile, mal alimentée jusqu'à nous donner ce jaune
blafard.
Puis le temps s'écoule, la roue de l'histoire
tourne, la guerre aussi finit par se terminer, personne n'utilise plus cette
lampe de pétrole rudimentaire.Le passé est refoulé loin comme si nous voulons
oublier la sévérité du créateur, comme pour beaucoup d'entre nous, à
cause de la vie, de la survie et autres excuses, nous souhaitons oublier
momentanément ce passé.
Devant ce portrait, je sens confusément que les
souvenirs d'études et de jeunesse, joyeux ou tristes, les croyant à jamais
perdus ou du moins effacés pour un temps, ces
souvenirs m'envahissent tels des vagues...
Je n'ai jamais su, qu'à cette méme époque, dans
une nuit silencieuse de Hà Nôi , un peintre en perdition, en train de choisir
ses gammes de couleurs magiques pour créer cette lumière sensationnelle
comparable à un amour maternel vietnamien, chaleureux, immense, altruiste,
enveloppant de ses bras tous ses enfants, un à un, chacun à sa manière, à sa
façon, selon ses possibilités, et les circonstances pour
progresser.
Est-ce cette faible lueur de lampe qui m'a
aidé intensément et avec zèle à m'imbiber de la culture, à m'émouvoir et à
aimer les toiles aujourd'hui!!!
Est-ce cette faible lueur de lampe qui
l'a aidé à créer avec dévouement et avec précaution puis laisser
à la postérité ce joyaux inestimable???
Un proverbe dit:"C'est grâce à la pierre
vulgaire que le diamant scintille de ses mille feux".Peut-étre grâce à la lueur
de cette lampe, que moi, méme expatriée, ai pu retrouver mon passé à travers ce
tableau.
TRADUCTEUR:CHAPUIS Gérard.
A LA LUMIERE D'UNE LAMPE DE
PETROLE...
(Portrait du Professeur d'école NGUYÊN BÁ
DAM.)
En ces temps là,HA
NOI,capitale du VIETNAM du Nord,est sous les bombes américaines.Ni le chappe de
plomb de la nuit noire,ni les menaces
venant du ciel n'ont pu entamer l'enthousiasme et l'ardeur de BÙI XUÂN PHÁI à
"croquer" délicieusement son ami
collectionneur,Mr DAM,en un dessin intimiste et criant de vérité.Les couleurs
chatoyantes dans la magie de la nuit sombre se mélangent sans complexe à la lueur de cette unique source de
lumière.
Cette oeuvre, peinte en une nuit de
bombardements rejoint assez le travail des artistes vietnamiens dans la
résistance contre les américains où leurs oeuvres doivent étre terminés à
l'instant car le lien entre la vie et la mort est tellement ténu, ne signifie
pas un travail moins sérieux;il dépend de la Confiance en soi et de
l'Expérience.JULES GUERARD,le chasseur de lions,raconte que les jeunes lions ont
au début beaucoup de peine à tuer un boeuf, mais que les vieux lions les tuent
d'un seul coup de patte ou d'une morsure bien placée et qu'ils sont
extraordinairement précis dans ce travail.
Le maitre,peintre méditatif,assidu à reprendre
et à décomposer jusqu'à l'obsession le
contour de la lumière orangée,à montrer la beauté fragile de la vieillesse,à
capturer la concentration interminable du
collectionneur, exécute d'une main experte son oeuvre et arrive à insuffler
presque la chaleur de la lampe;on se croyait à coté de l'artiste et de son ami collectioneur:un pur moment de
bonheur ,un ange est passé...Ce que nous
lègue cette figure de la solitude et de l'exigence est une vie dévorée par la
quéte insatiable de la beauté du Vietnam et de son secret...EPATANT,ESBROUFANT,RENVERSANT!!!
CHAPUIS
Gérard.

KHOA THÂN.
NU.
Un atelier d'artiste dépouillé, une source de lumière
unique,suggérée mais non représentée(encore une des spécialités de BXP) à
hauteur de l'épaule gauche du modèle en direction du sol suffit à planter
le décor touchant de ce nu peint sur fond orangé.La téte penchée vers la
droite,les cheveux noirs relâchés dans le dos, les yeux mi-clos, les bras
croisés et tenant un linge blanc dénotent le poids des siècles de
tradition confucéenne avec son cortège de timidité. Une vision
intimiste sans aucune connotation sexuelle, toute l'attitude du personnage
n'est que langueur, sensualité artistique, soumission asiatique... le
ventre est rond comme une maternité en devenir...Tant de douceur qu'on se
croirait devant une icône ou une image de Madone...
CHAPUIS Gérard.

CHÂN DUNG CON
GÁI HOA SI.
Môt ánh dèn truóc mát, trong môt xuong ve don gian cua hoa
si, da làm hòng dôi má cô bé...Hai bính tóc hûyèn ngoan hîèn chay dài
trên bò vai, cap mát lón mo rông nhu môt lòi hòn trách nguòi cha quy quái,
nghîèn ve tranh, doài hoi cô hoc sinh trong chîéc áo tráng, ngôì làm
nguòi mâu sau môt buôi tan truòng.Nhung dôì môì mím lai và dôì tay
khoanh cho thây su giáo duc dúng cách và cung là môt cách nói:"Bô yêu, con
làm vuà lòng Bô vì tình thuong, con hiêu cách Bô yêu nghê thuât, su
cûòn si duy nhât trong dòi..."
TAM DICH:CHAPUIS
GERARD
PORTRAIT
DE LA FILLE DU PEINTRE.
Une lumière bien en face, dans un atelier d'artiste des plus
dépouillés, pour des joues toutes rose;deux nattes de cheveux noirs sagement
dressées, tombant le long des épaules, les yeux grands ouverts
comme pour reprocher à ce satané de père, "drogué" aux dessins et à la peinture,
qui demande encore à la jeune écolière dans son chemisier blanc de prendre
la pose à peine après l'école.Mais la moue appuyée et les bras croisés trahissent
la bonne éducation et c'est aussi pour finalement dire:" Papa chéri, je te
fais plaisir car je t'aime, je comprends ta manière d'étre tout à l'ART,
ton unique passion..."


http://phamdodong.ifrance.com
|